Journal de bord

Les grands Rendez-vous de 2011


Chers tous,

L’année 2010 touche à sa fin, et il est temps de dresser un petit bilan de cette année bien remplie. A l’évidence, les résultats ne furent pas totalement à la hauteur de mes attentes, et mes non-sélections pour les championnats d’Europe et du Monde 2010 furent relativement difficiles à accepter. Mais pourtant, cela fait partie du jeu, et il faut être capable de s’en accommoder, faut de quoi le sport de compétition ne sert plus l’évolution personnelle, mais se mue en un fardeau qui peut devenir trop lourd à porter. Ainsi, je me suis affairé à tirer les leçons des expériences 2010, tout en me focalisant principalement sur ce que cette année avait pu m’apporter de bon.

Je retiendrai principalement un excellent souvenir des Championnats du Monde militaires au Venezuela à Caracas, ou nous avons bataillé ferme, pour finalement rentrer avec le bronze par équipe autour du cou et une honorable 6ème place en individuel.

Une autre grande satisfaction sera d’avoir pu mettre un point final à mon mémoire de Master. Ce mémoire est le résultat d’un travail de longue haleine qui a débuté en 2008. Je l’ai présenté et défendu au début de l’année 2009, juste avant ma dernière session d’examen. Cependant, un travail vraiment abouti méritait encore que certaines questions soient approfondies et que quelques éléments de syntaxe soient revenus. D’où la raison pour laquelle je n’ai vraiment pu le finaliser qu’à la fin de cette année. Mon travail porte sur la protection des données dans le cadre du contrôle antidopage. Les personnes ayant un intérêt pour le sport ou le droit, ou encore mieux, un intérêt pour les deux, trouveront sûrement quelques passages qui leurs parlent. Ce travail aborde notamment des questions centrales dans le domaine de la lutte contre le dopage, tels que le consentement des athlètes au contrôle et au traitement de données sensibles (médicales) qui en découle, ou encore la localisation de ceux-ci. Vous pouvez librement télécharger le mémoire dans la rubrique « News » située sur la gauche.

2010 symbolise également pour moi une entrée aussi définitive que satisfaisante dans le milieu professionnel. Depuis le mois de février 2010, je travaille au sein de l’Etude MCE avocats à temps partiel pour l’équipe de Me Rouiller et Me Lasserre Rouiller. Durant cette première année, mon intérêt pour ce métier n’a cessé de croître. Les tâches qui m’ont été confiées et l’encadrement dont j’ai bénéficié m’ont permis de beaucoup progresser. De chaleureux remerciements aux personnes concernées. L’accomplissement d’un travail exigeant tout en poursuivant une carrière sportive constitue une victoire en soi. Je la prends à sa juste valeur.

L’année 2010 laisse maintenant place à 2011 et de nouvelles perspectives. Dans tous les cas, de grands rendez-vous m’attendront durant la saison prochaine. J’ai bon espoir de participer à ma dernière Universiade en août à Shenzen, en Chine. Par ailleurs, le mois de juillet a de fortes chances d’être ponctué soit par les Championnats d’Europe élite à Sheffield en Grande-Bretagne, soit par les Jeux Mondiaux militaires à Rio de Janiero. Enfin, les Championnats du Monde élites se dérouleront en Sicile en Italie en octobre. Pour une raison que je ne vous révèlerai pas ici, je tiens tout particulièrement à prendre part à ces Championnats.

Je vous remercie pour votre visite et vous souhaite à tous d’excellentes fêtes de fin d’année et une entrée fracassante en 2011.

Cordialement,

Valentin Marmillod, le 29 décembre 2010


Coupe du monde de Puerto Rico 2010

Bonjour à tous,

Me voici de retour d’Amérique latine avec quelques nouvelles fraîches que je souhaite vous faire partager. Nous devions initialement partir pour deux compétitions, à savoir une Coupe du Monde à Puerto Rico, puis enchaîner sur le dernier Grand Prix de la saison à Bogota. C’était sans compter sur une annulation de dernière minute de notre périple colombien consécutive semble-t-il à des troubles dus aux élections présidentielles. Ainsi, la veille de notre départ, c’est finalement un aller-retour à Puerto Rico qui nous attendait. Environ 22h de voyage Morges à San Ruan, en passant pas Zurich et une escale de presque 6h à New York. Le voyage s’est bien passé et c’est avec un plaisir certain que j’ai retrouvé une fois de plus cette atmosphère presque tropicale.

Après un jour d’acclimatation nous avons attaqué notre premier jour de compétition dans une petite salle de quatre pistes très bien préparée. Notre première surprise fut de constater le peu de monde inscrit pour ce rendez-vous, environ une 60aine de personnes. Le peu de tireurs engagés était probablement une conséquence directe de l’annulation de Bogota (->GP = points x2) le week-end suivant. Le TOP 16 des inscrits restait pourtant très bon, car les têtes de classement se déplacent souvent pour défendre leurs points. Ces divers éléments laissaient donc supposer une compétition assez rude tout de même dès le tableau de 32. La surprise suivante était en réalité l’absence des espagnols et des portugais au pointage, malgré leur confirmation initiale de participation. Après plus d’une heure d’attente, il s’est avéré que ceux-ci étaient restés coincés à Miami la veille en transit, suite à une tempête. Les portugais décidèrent de rentrer en Europe, les espagnols prient le risque de tenter un vol le matin même de la compétition. Le tour de poule préliminaire fut changé en conséquence et toutes les poules comprenant des espagnols retardées afin de leur permettre de tirer… selon que la chose est prise avec philosophie ou de manière plus terre-à-terre, une telle situation peut se présenter soit comme une preuve admirable du Fairplay qui peut régner dans un sport « satellite » comme le notre, soit comme une preuve indéniable de l’amateurisme qui caractérise l’escrime malgré elle. Personnellement sur le moment mon sentiment était plutôt acerbe après presque 3h30 de retard.

Vu le peu de participants, les poules étaient constituées de 6 tireurs. J’ai fais 4 victoires pour une défaite. La suite du tournoi avait lieu le lendemain avec un tableau de 64 incomplet. Vu le niveau assez faible des tireurs (Top 16 mis à part), j’estime une fois de plus avec 4 victoires en poule n’avoir pas bénéficié d’un excellent tirage en rencontrant d’entrée un coréen qui allait forcement être coriace. D’autant plus que si je le battais, je tombais contre Max Heinzer, coéquipier et indiscutablement le suisse en forme du moment. Ni une ni deux, j’ai travaillé un peu sur ma confiance et attaqué dans un bon état d’esprit mon tableau de 64 le lendemain. Match très serré, mais je tiens le cap, et j’élimine le coréen 11-10 à mort subite (signifie 10-10 à la fin du temps réglementaire, minute supplémentaire, celui qui touche gagne). Contre Heinzer je fais un bon match également je pense, je tiens bien le choc mais il fait la différence sur une ou deux touches au milieu du troisième tiers et celles-ci ne pardonneront pas pour le résultat final. Je laisse filer la victoire de peu. J’ai peut-être manqué un petit peu d’agressivité.

Résultat final, 24ème. Ce résultat n’est pas assez bon pour m’assurer sans discussion une qualification pour les Championnats d’Europe en juillet à Leipzig, ce n’est pas non plus mauvais à un point tel que me faire tirer aux Europe paraisse insensé. La décision finale revient aux entraîneurs nationaux qui proposent, et à la commission technique de la fédération suisse qui décide. Affaire à suivre. J’ajouterai simplement une légère frustration de ne pouvoir évaluer ma saison avec pertinence, du fait que 2 des 5 Grands Prix qui sont les compétitions les plus importantes ont étés annulés. Ainsi, mon objectif de rentrer dans les 70 mondiaux n’est pas atteint à l’heure actuelle, mais j’ai pourtant gagné plus de 100 places et je pointe désormais à la 98ème place. Finalement, il s’agira de prendre cela comme chose acquise et d’avancer encore dès les prochaines compétitions comptabilisées, à savoir soit les Europe de juillet et Mondiaux de novembre, soit le début de la saison 2011.

La fin de mon séjour à Puerto Rico sera dès plus agréable. Du soleil, un tour en bateau, des plages magnifiques et les papilles toujours comblées. La recette de la culture hispanique mêlée à la suprématie de l’économie des Etats-Unis est savoureuse. J’en avais déjà fait l’expérience les années précédentes.

Retour un peu turbulent au dessus de l’océan, mais retour tout de même. Place à la coupe du monde de foot et retour au Job. Et quand on a du plaisir à retourner au travail, on se dit qu’on est sur la bonne voie. On se dit que 2010 est une bonne année, et quelle n’est pas finie ;-)

A fin juin pour la suite, salutations à vous,

Valentin, le 15 juin 2010

Championnats du Monde militaires 2010, Venezuela, Médaille de Bronze

Bonjour à tous,

Je suis rentré des Championnats du Monde militaires samedi non sans quelques bons souvenirs et une bonne thérapie solaire. Ce qui entre nous soit dit n’est pas une mauvaise chose, vu le temps qu’il fait ici.

Le départ fut déjà périlleux, puisque nous sommes parti le lendemain de la réouverture de la majorité des espaces aériens, à savoir le 23 avril. Nous sommes parti très tôt de Berne en train direction ZH Flughafen. Notre vol pour Francfort était annulé. S’était sans compter le petit coup de pouce du destin, puisque nous avons pu prendre un autre vol, partant une heure plus tôt. La course contre la montre commence, pour checker le plus vite possible, et courir à travers l’aéroport vers notre porte d’embarquement. Discipline dans laquelle je commence à exceller. Nous devions bel et bien partir faire ces championnats. Le volcan n’aura pas eu raison de notre détermination. A Francfort nous avons embarqué pour un vol de 10h30 (sans encombre) à destination de Caracas. Le choc thermique et les caresses instantanées de l’humidité à la sortie de l’avion m’impressionneront toujours. Je ne me lasse pas de débarquer dans ses pays « tropicaux ».

Notre hôtel était tout à fait à la hauteur d’un championnat militaire, dans la mesure où il nous est arrivé de loger dans des casernes lors d’autres compétitions de ce type. Belle piscine et buffet tout à fait accessible (surtout la viande). L’hôtel était situé au nord de Caracas, à la Guaira, au bord de l’océan. J’ai pensé d’abord que nous étions dans un quartier un peu mal famé, mais après avoir vadrouillé un peu dans la région, j’ai réalisé que la situation était assez généralisée. Le pays a l’air assez pauvre dans son ensemble, il y a beaucoup de misère à Caracas comme en dehors semble-t-il. Nous sommes allé un jour dans un centre commercial, et les prix étaient aussi haut qu’ici, voir plus chers. J’ai discuté un peu avec les vénézueliens, et l’un d’entre eux m’a expliqué qu’environ 3% de la population avait un niveau de vie très élevé, et que pour le reste, la « marge de manoeuvre » était très limitée. Ce qui explique les coteaux interminables de baraquements de fortune, que je ne pouvais pas pour autant qualifier de favelas.

Nous avons plus ou moins passé notre premier jour à préparer la cérémonie d’ouverture. Nous avons perdu des heures le matin pour faire « une simulation » de la cérémonie d’ouverture, alors qu’il s’agissait uniquement de marcher au pas et suivre notre porte drapeau. Premier piège. Coup de soleil violent sur le visage et le cou au vu de la matinée passée sur une immense place d’arme à attendre de marcher, et marcher pour attendre. Bref, une cérémonie d’ouverture assez traditionnelle finalement en fin de journée, avec une jolie hôtesse à la tête de chaque délégation.

Le premier jour de compétition était un choc. Je ne me souviens pas avoir tiré une compétition sous une telle chaleur et avec une telle humidité. Malgré les litres d’eau perdus et bus, j’ai réalisé une fois encore que la chaleur me convient bien. Je me suis relativement peu échauffé vu la chaleur et j’ai rapidement eu des bonnes sensations.

La formule des compétitions militaires se distingue de celle du circuit de Coupes du Monde ordinaire. Aux championnats du Monde militaires, chaque tireur se mesure à tous les autres participants sur un match de 5 touches. Cela fait certes beaucoup de matchs, mais la formule est toute aussi prenante. Comme il y trois tireurs par nation, cela donne 9 rencontres pour chaque confrontation « nationale ». Pour remporter le match par équipe, il faut donc comptabiliser 5 victoires ou plus. En plus, chaque match de chaque membre de l’équipe est également comptabilisé pour son propre classement individuel. Ainsi, chaque fois que le tireur monte sur la piste, il combat non seulement pour le rang de l’équipe, mais également pour son propre classement individuel.

Durant la première journée, nous avons réalisé un sans faute et avons notamment gagné contre la Hollande, le Corée, la Hongrie et le Brésil. La deuxième journée s’annonçait plus rude. Nous nous sommes imposés face à l’Italie de justesse et avons également gagné contre le Liban et le Canada. Par contre, nous n’avons pas pu faire façon des polonais (équipe vice-championne olympique à un tireur près, donc du solide) ni, plus surprenant, des vénézueliens, qui se sont senti pousser des ailes à domicile. Classement final par équipe, 3ème. Nous ne rentrerons donc pas les mains vides en Suisse. Au classement individuel, j’ai terminé 6ème et meilleur suisse, à une victoire de la médaille. Dommage. Mais dans l’ensemble, j’ai très bien tiré, avec une confiance et une discipline en pleine progression. A la suite de ce deuxième jour de compétition, nous avons eu droit à une première cérémonie des médailles.

Le lendemain était bien entendu consacré à un jour de pause et de récupération bien mérité, du moins pour Fabian Kauter et moi. Max Heinzer, notre troisième tireur, s’est engagé courageusement dans la compétition de fleuret (notre compétition étant bien sûr à l’épée). Il a vraiment fini sur les rotules, mais à conclu son 3ème jour de compétition sur une honorable 7ème place. Nous avons profité de la piscine le matin et été encourager Max l’après-midi.

Le mardi, nous avons ensuite eu l’occasion de faire un tour à Caracas. Honnêtement, je n’ai pas été plus charmé que cela par cette ville. La situation précaire de la population est omniprésente. Le shopping était hors de prix et semblait donc réservé à la minorité aisée de la population. Tout de même quelques maisons très colorées sur les coteaux, au milieu de la grisaille laissée par les moteurs qui ne s’arrêtent jamais… mais en même temps, pourquoi arrêter son moteur quand le litre d’essence est à 2 cents…

Le mercredi a été principalement consacré à la bronzette et à la cérémonie de clôture. Pour cette cérémonie nous étions cette fois à l’intérieur et avons eu droit à la remise « officielle » des médailles, puis les discours, beaucoup de discours… Malgré tout, cela reste toujours un bon moment de voir tout le monde en uniforme représenter sa patrie, ses racines, ses valeurs. Pouvoir ce dire que, comme aux Universiades (JO universitaires), il reste possible dans ce bas Monde en crise perpétuelle de réunir l’espace d’un instant tant de gens d’horizons et de cultures si différentes, pour le simple plaisir du sport. Car croyez-moi, dans l’escrime, il s’agit bien de plaisir.

Après la cérémonie, nous avons eu droit à une magnifique réception sur la plage de l’hôtel. Il régnait un certain chaos toute la semaine dans l’organisation de la manifestation (bus systématiquement en retard, mauvais information, etc…), mais alors la fête, les vénézueliens savent la faire, nul doute à ce propos. Banquet, bar presque à gogo, un groupe de salsa, des danseuses et une ambiance aux couleurs internationales mémorable.

Après quelques heures de sommeil, les plus courageux ont grimpé dans le bus pour filer à l’ouest de Caracas. Nous avons longé la côte durant plus d’une heure pour nous rendre dans un petit havre de paix au fond d’une petite vallée, où nous avons ensuite passé la journée. Plage, sieste, poisson grillé et manioc. Autant de moments qu’il faut savoir savourer dignement lorsqu’on est en mission de l’autre côté de la terre :-) Eh oui, l’armée suisse nous donne cette chance inouïe de pouvoir effectuer une partie de nos engagements militaires obligatoires par la participation à ce genre de compétition. C’est de l’or pour un sportif qui n’a ni le temps, ni l’envie d’aller au fin fond de la campagne ou de la montagne se faire brailler dessus par un jeune gradé euphorique de responsabilités.

Le lendemain, à savoir vendredi, notre vol nous attendais vers 17h30. C’était sans compter le départ du bus avec une Xème fois du retard. Sauf que lorsqu’il s’agit de se rendre à l’aéroport, ce n’est jamais une bonne idée. Arrivé à l’aéroport, nous avons donc trouvé le check-in fermé. Nous devions être 2h avant. Nous avions 10 minutes de retard… après une certaine insistance de la part de notre Capitaine de mission M. Friedli (nous étions nombreux sur ce vol, avec les hollandais et hongrois notamment), ils ont fini par réouvrir le check-in. Début du chrono pour le parcours du combattant. Check-in en 4ème vitesse. Bien entendu, un des sacs était trop lourd… on court ensuite vers notre « Gate »… on ne peut pas passer les contrôles de sécurité, car il faut soudain payer une taxe de sortie… retour en arrière.. 189$ pour 5 personnes. Ca, c’est fait… Nous avions semble-t-il pourtant déjà payé tout ce qu’il y avait à payer avant le départ. Bref, nous courrons et nous vaincrons une fois encore les démons du voyage. Nous rentrerons comme prévu en Suisse.

Je ne serais pas allé là-bas de ma propre initiative. Ces championnats furent donc une excellente occasion de découvrir le pays et vivre, une fois de plus, une expérience enrichissante. Voyager est une prise de conscience. Voyager est une chance de comprendre la nature humaine au delà de nos frontières. Et Dieu sait si parfois elle diffère. Ce regard extérieur est d’une valeur inestimable pour aborder ensuite le quotidien, pour vivre et se débattre dans le chaudron de « la performance » helvétique (et européenne) de tous les jours. Si seulement j’avais pu, en plus de cela, ramener le soleil avec moi…

Un immense merci à toi Markus si tu me lis pour ton engagement sans limite dans la planification de nos rencontres militaires.

Voici encore un lien pour les curieux:

http://www.cism-milsport.org/eng/003_SPORTS/007_fencing/main.asp

Je pars jeudi à Paris pour la prochaine Coupe du Monde, fort de mon périple vénézuelien. A bientôt pour d’autres nouvelles, que je vous promets plus courtes.

Merci de votre attention, bien à vous tous,

Valentin, le 5 mai 2010

Une page se tourne, en avant vers 2010

Bonjour à tous,

Une fois encore j’ai le plaisir de vous accueillir sur mon site internet. Je profite de cette occasion pour vous remercier sincèrement pour votre soutien ainsi que pour l’intérêt porté à ma carrière sportive.

2009 fut indiscutablement une année riche en événements, mais aussi une année psychologiquement éprouvante. La fin de mon Master en droit à l’Université de Lausanne en janvier fut synonyme pour moi d’une grande satisfaction mais impliqua également que je manque les premiers rendez-vous de la saison.

En mars, j’ai eu la chance de pouvoir débuter ma carrière professionnelle au sein de l’Etude Byrne-Sutton Bollen Kern à Genève. Je tiens à remercier à cet égard tous les associés pour cette première expérience réussie ainsi que pour leur confiance. Le passage des bancs de l’université vers le monde professionnel constitue pourtant un grand changement qu’il n’est pas aisé d’intégrer dans la vie de compétiteur.

En parallèle nous avons commencé dès l’autonme 2008 un travail intensif avec nos deux nouveaux entraineurs nationaux, Me Angelo Mazzoni et Me Giani Muzio, tout droit venus de l’élite de l’escrime italienne. L’assimilation de cette nouvelle approche très différente de l’escrime que j’avais jusque là exploré constitua également un des grands défis de cette année 2009.

Dans ce contexte particulier, les 6 premiers mois de l’année furent effectivement difficiles, et peu propices à la performance. Il fallut se relever d’un certain nombre de contre performances, et accepter de régresser sans en faire un échec en soi. L’année 2009 sera pourtant marquée par un grand événement, et l’investissement récompensé. En juillet je pris part à l’Universiade 2009 à Belgrade (JO Universitaires) et découvris une fois de plus l’ambiance magique de cette compétition, qui réunit à cette occasion plus de 10000 participants du monde entier. C’était sans savoir encore que je rentrerais avec une médaille d’or au cou, conquise lors de la compétition par équipe. Je remercie à cette occasion mes coéquipiers qui se sont investis corps et âme dans la conquête inoubliable de ce titre. L’espace d’un instant, d’un match, d’une touche, l’entier de ma saison pris un sens.

En septembre les 6 mois de stage à Genève prirent fin. S’en suivirent 3 mois de recherche intensive d’un travail à temps partiel comme juriste. Mes recherches s’orientèrent cette fois sur la région lausannoise, afin d’optimiser tant la qualité de mes entrainements, que celle de mon engagement professionnel. Malgré un bon Master en poche, la tâche fut des plus ardue, car ma situation nécessite non seulement une sensibilité au sport de la part de mon employeur, mais en plus une grande flexibilité de celui-ci. C’était sans compter sur le soutien déterminant d’un certain nombre de personnes, qui se reconnaîtront ici. Je tiens notamment à remercier particulièrement Me Reymond et Me Bernet. Ma bonne étoile et ma détermination en poche, je commencerai à travail chez MCE avocats dès le mois de février 2010 à temps partiel pour l’équipe de Me Rouiller et Me Lasserre Rouiller, que je remercie également pour leur confiance. Autant vous dire que ce travail constitue probablement le plus beau des cadeaux de Noël 2009.

Voilà, une page de plus qui se tourne, et pas des moindre, pour faire place à une musique d’avenir qui nous réserve encore sans aucun doute de grands moments.

Une excellente année 2010 à tous et avec mes salutations,

Valentin, le 7 janvier 2010

10 juillet 2009, Belgrade News n°11

Aujourd’hui je rentre de Belgrade avec un pincement au coeur, comme il y a deux ans. Une fois encore, je n’hésiterai pas à classer les moments vécus ici parmi les plus beaux de ma carrière sportive! Mon insatiable besoin de chercher le sens de chacune des expériences qui s’offrent à moi me pousse à me demander qu’est ce qui fait des Universiades un moment si particulier. Serait-ce cet honneur de rentrer avec une médaille au cou? Le métal contribue certainement à l’euphorie des journées passées ici, mais pourtant, il ne saurait en être la raison principale. Car les médailles glanées tout au long de la saison n’ont pas la même saveur que celles d’ici. Alors d’où vient la magie de cette rencontre? L’espace d’une longue nuit je me suis laissé penser que l’anglais bricolé, les sourires charmeurs et la gentillesse des volontaires de cette édition 2009 étaient forcement à l’origine de cette ambiance unique. Mais pourtant. Un lendemain difficile me remet à l’ordre, et me rappelle que là n’est pas la substance d’une Universiade. Une petite douche froide et départ pour voir les volleyeurs jouer contre l’Allemagne. Et là soudain, je trouve réponse à mes questions. Ils sont là, au bord du terrain, dans les gradins, dans les vestiaires. Vous Thomas, Renni et Fredi et votre team management, toi Lorenz et ton team média, toi notre docteur et le team médical. Bien sûr. C’est grâce vous et votre engagement jour et nuit que nous rentrerons chez nous avec ces souvenirs inoubliables. La saveur d’une glace n’est pas la même sans son cornet. Et bien notre cornet, c’est vous. Au nom de tous les athlètes présents ici à Belgrade je vous fais part de toute ma gratitude et me réjouis de vous retrouver en 2011 en Chine pour de nouveaux exploits!

Valentin Marmillod


28 juin 2009, 22h 33

Demain je serai à Belgrade pour vivre mes deuxièmes Universiades.

Il y a deux ans, oui deux ans, le temps passe vite, nous paradions fièrement dans l’immense stade de la lointaine Bangkok. Rien que d’y repenser j’en ai des frissons. Les moments passés là-bas resterons à jamais gravés dans ma mémoire comme une preuve irréfutable que tout vient à point nommé à qui sait attendre. Mais surtout, tout vient à point nommé à qui sait croire. Et pourtant, cette confiance en l’avenir m’a justement fait défaut tout au long de cette périlleuse saison d’escrime.

Est-ce donc alors le hasard qui me conduit une fois de plus vers cette incroyable rencontre? Probablement pas. Dans «Universiades » il y a « universel », il y a « université », il y a « unis ». Il y a même « olympiades » si on cherche bien. Dans chacun de ces mots je retrouve une petite partie de moi même. Cette participation semble soudain une évidence. Et pourtant. Chaque sportif s’est battu tout au long de la saison pour avoir un ticket pour la semaine prochaine. Certains se sont battus contre d’autres. Beaucoup se sont battus contre eux-mêmes. Quelques uns sont même restés sur le carreau. Ce soir, les jeux sont faits. Demain je vais m’envoler en Serbie, il n’y a pas de doute.

Demain, la flamme qui s’anime en moi depuis maintenant des jours et des jours va réellement briller au dessus d’une ribambelle de drapeaux multicolores. En regardant ce spectacle effarant, je serai aussi fier que rempli d’humilité. L’alliage savant de ces deux composantes mènera chacun d’entre nous vers un succès. La nature de celui-ci n’importera pas. Nous rentrerons tous gagnants de ce voyage.

Bonne compétition à tous!

Valentin Marmillod


16.04.2008 Temps présent: Tu seras champion mon fils

Dans le cadre de cette émission qui évoquait notamment la trajectoire de Sophie Lamon, j’ai souhaité laisser une petite réflexion personnelle sur le forum consacré à l’émission tant j’ai trouvé cette émission réussie. Je vous la propose ci-dessous et vous invite à aller voir l’émission sur internet lien ;

Bonjour,

Merci pour la réalisation conséquente de ce reportage que je viens de visionner sur internet. J’ai été très réceptif et touché par le sujet traité, et se d’autant plus du fait que j’évolue à travers ma carrière sportive aux côtés de plusieurs protagonistes de votre reportage.
M. Morath vous avez su rester très fidèle aux personnages suivis (du moins pour ceux dont je peux juger) se qui n’est pas l’apanage de tous les journalistes, particulièrement dans le domaine du sport ou les faits sont souvent déformés pour être servis au public de manière plus attrayante.
J’ai été sensible aux remarques du Dr. Mahler et admiratif de la position et la lucidité des Lamons, exemple d’autant plus crédible que Sophie vient de se qualifier pour les JO de Pékin dans des circonstances exceptionnelles.
Le côté néfaste du surinvestissement du parent dans la carrière sportive de son enfant a été largement traité dans ce reportage et justifié à de nombreux égards. Mais de mon point de vue et en fonction de ma trajectoire personnelle, ce reportage m’invite à m’interroger sur l’existence éventuelle des biens faits de l’encadrement familial sur la progression du jeune sportif. C’est à ce titre que je souhaite intervenir sur ce forum.

J’aimerais revenir sur les arguments évoqués par “Verbier 6391” qui évoque l’absence d’un encadrement efficace, et le manque de tact (ou/et manque de professionnalisme devrais-je dire) répété des entraîneurs. Il est fréquent alors que les parents reprennent le flambeau, ou alors, si ceux-ci ne sont pas concrètement impliqués dans la carrière de leur enfant, que celui-ci, soit abandonne tout simplement, soit par force de caractère organise son propre microcosme pour travailler, et ce au mieux des possibilités qui lui sont offertes et de ses contacts, se qui fut mon cas il y a quelques années.
Il y a à l’évidence un manque d’engagement de l’Etat en Suisse dans le développement d’un sport uniforme, propre et soudé (à titre d’exemple récent voir notamment lien), dans l’encouragement à la participation à un réel esprit d’équipe et d’une unité de la nation autour du sport (choses que je n’ai ressenties qu’occasionnellement lors des Universiades (JO universitaires) ainsi qu’à l’école de recrues où j’étais incorporé comme sportif d’élite et respecté pour cela, relevons ce côté positif de l’armée). Ce manque d’engagement fait des ravages dans le sport de compétition et cause la perte de nombreux sportifs suisses talentueux. De ce point de vue là nous avons ici des 10aines d’années de retard sur les pays qui nous entourent ainsi que les USA et de nombreux pays de l’EST. Il ne faut pas négliger l’apport considérable que peut avoir le sport dans l’épanouissement, le rassemblement et l’intégration sociale d’une jeunesse toujours plus hétéroclite.

Les causes principales en sont probablement;

Premièrement la non acceptation par les suisses du sport de compétition comme un métier en soi, comme une possibilité réelle de s’accomplir, mais bien plutôt comme un hobby qui ne devrait être que le complément d’études conséquentes;

Deuxièmement le fait que de nombreuses fédérations sportives en Suisse fonctionnent sur le principe du bénévolat, système presque toujours dépassé quand il s’agit d’encadrer concrètement de nouveaux sportifs d’élite potentiels. Dès lors l’encadrement familial étroit devrait à mon sens prendre toute son importance et sa raison d’être. Reste l’obstacle infranchissable de “l’émotionnel” invoqué à juste titre par l’entraîneur de Timea.

Sans minimiser les comportements parentaux décrits dans ce reportage, pour certains déplacés, pour d’autre absolument intolérables, il me semble quand-même intéressant de répondre enfin à la question de Gustavo N°21 quant à savoir si le manque d’encadrement familial pourrait être néfaste à l’évolution du jeune sportif. Ici je parle de ma trajectoire personnelle et il me semble qu’être jeté dans le vide et n’avoir de compte à rendre qu’a soi même lorsqu’on désire se lancer dans une carrière sportive, être auteur de son propre programme, n’est pas une bonne chose. J’estime avoir perdu beaucoup de temps dans ma progression par le simple manque d’encadrement, qu’il soit familial ou autre (en se qui me concerne il ne pouvait être familial, mes parents n’étant pas spécialistes de mon sport). Un enfant construit la maison de sa vie avec les briques que ses parents lui donnent, un adulte avec ses propres outils. Mais ici c’est de l’adolescent dont on parle, et celui-ci utilise tantôt ses armes, tantôt celles qu’on lui propose, et ne pas pouvoir aller chercher si nécessaire le soutien et la lucidité des ses parents, qu’ils soient entraîneurs ou pas, ne lui sera pas profitable.

Gardons alors à l’esprit également l’apport considérable que peut constituer un encadrement parental sain et équilibré pour un sportif d’élite “potentiel”, une attitude bien décrite par Mme Lamon qui consiste à entourer son enfant dans la conséquence qu’impliquent les ambitions de ce dernier, mais qui implique aussi la retenue, la capacité de remise en question du parent, mais surtout le respect du choix de l’enfant. Adéquation possible mais qui a ses limites comme nous l’a montré cet excellent reportage.

Merci encore!

Valentin Marmillod


19.08.2007 Universiades Bangkok 2007

Be a team, live your dream

Ce texte a été rédigé sur demande de Kaspar Egger, notre chef de délégation à Bangkok, pour être intégré au bilan final de notre périple.

Ce soir je rentrerai en Suisse, avec des images plein les yeux de mes premières Universiades, ici à Bangkok. Tant de moments intenses, de nouvelles rencontres et de partage me poussent à me poser la question suivante;

Comment suis-je arrivé aux Universiades et comment vais-je en rentrer?

Comme probablement beaucoup d’autres sportifs, mon expérience commence par le récit de mes ainés de leur participation aux Universiades. Les passionnés de l’escrime qui m’entourent vont donc me raconter leurs aventures à Daegu 03 et Izmir 05 avec un si grand sourire que aussitôt l’envie de me dépasser pour y participer m’envahit. Dès lors les Universiades de Bangkok 2007 deviennent un objectif important, un passage incontournable vers la suite de ma carrière sportive, car il va m’ouvrir de nouveaux horizons dans ma perception du sport de compétition en suisse comme à l’étranger.
En juin 2007 je suis entrain de défendre les couleurs de la Suisse au Grand Prix de Montréal lorsque j’apprends ma sélection pour Bangkok. Premier pincement au coeur, car rien n’est jamais acquis dans le monde du sport de haut niveau, et chaque sélection est un défi, un combat dans lequel on s’engage différemment.

Les Universiades de Bangkok seront d’abord synonyme d’une ouverture immense sur d’autres cultures, d’autres sports, mais aussi la rencontre de nombreux sportifs suisses. J’ouvre la porte de l’Asie qui m’est alors jusque là méconnue, et j’y découvre un véritable arc-en-ciel des sens; les couleurs des stades et des temples, la chaleur intense et humide sur la peau, les petits plats Thai qui nous piquent la langue et nous font rire, dans un couloir, l’odeur fuyante d’un parfum féminin inconnu, l’hymne de la Fédération internationale du sport universitaire retentit dans mes oreilles comme si la présence de ces milliers d’athlètes de pays si divers et dont la rencontre vise un but autre qu’une guerre physique, économique ou politique serait déjà une victoire en soi. La boucle est bouclée.

Ce mélange d’émotions va me mener vers une de mes plus belles compétitions en escrime, la compétition par équipe de cette édition 2007. Déçu par la compétition individuelle malgré un bon niveau, mes coéquipiers et moi allons mobiliser plus encore nos forces et notre envie de vaincre pour aller chercher notre première médaille «universitaire». Le quart de finale gagné 31-30 contre la Corée à la mort subite annonce la couleur et pose un premier échelon d’intensité et de tension sur cette journée. La rencontre en demi finale d’ukrainiens trop forts va nous pousser à aller chercher le bronze contre de valeureux chinois, classés numéro 2 au début de la compétition par équipe. Durant ce match j’oublie que je tire pour la médaille, j’oublie que deux de mes trois adversaires m’ont éliminés en compétition cette saison, ma seule idée est de gagner, de gagner parce qu’au bord de la piste d’autres suisses n’attendent que ça, de gagner parce que mes premières Universiades me le demandent avec ferveur. Le fait que dans les compétitions par équipe, nous sommes dans la dépendance la plus totale des performances de ses compagnons d’arme multiplie la tension et le stress à l’infini. Ce stress nous nourit et nous permet de nous métamorphoser sur la piste afin de gagner le respect de l’adversaire. En montant sur le podium et regardant les drapeaux qui se lèvent, je repense le coeur chiffonné de satisfaction à ce que j’avais dit à Marco Obrist, notre coach, lorsque au début de la semaine nous ne savions pas si nous pourrions aller à la «Flag ceremony» où chaque nation hisse son drapeau; «Notre Flag ceremony nous l’aurons à la fin de la compétition d’escrime, ne vous faites pas de soucis»

Ce genre de performance est le résultat du travail de nombreuses personnes qui s’engagent souvent sans compter, auprès des athlètes d’accord de poser la cerise sur le gâteau. Au sein des clubs, des fédérations sportives, et dans ce cas précis au sein de notre équipe 2007 (chefs de délégations, team médical et team média), chaque personne qui prend conscience de cela emprunte invariablement le chemin de la réussite, le reste n’est qu’une question de patience et de confiance. En suisse comme ici à Bangkok, j’ai trouvé une équipe qui m’a permis de vivre mon rêve, et c’est tout ce que je souhaite aux athlètes de la prochaine délégation suisse 2009 à Belgrade. Merci à tous.

Valentin Marmillod


23.07.2007

Mise en ligne du site :-)

Rendez-vous final à l’Université de Zurich pour les dernières informations et les photos de la délégation pour les Universiades 2007.

Les Universiades peuvent se définir comme des Jeux Olympiques universitaires. Il s’agit d’une magnifique compétition coordonnée par la Fédération internationale du sport unversitaire (lien). La Fédération suisse du sport universitaire (lien) emmènera la délégation suisse en Thailande pour les Universiades d’été 2007 dès le 5 août. Délégation qui je l’espère reviendra au pays chargée de médailles.

welcome UN

Compétition individuelle le 11 août
Compétition par équipe le 14 août

Merci à La Fédération suisse du sport universitaire pour son remarquable engagement dans l’organistation de cette compétition ainsi qu’à H2O (lien) pour le magnifique équipement reçu à cette occasion.

Toutes les infos sur:

www.bangkok2007.com
www.fisu.net
www.shsv.ch


20.06.2007

GP Montréal

Le 29 mai nous nous envolons pour Montréal, première destination de la tournée américaine, avec un changement à Paris. Nous arrivons en pleine nuit heure suisse, en début de soirée heure canadienne. Le décalage horaire est facilement absorbé dans ce sens.

La ville est impressionnante de par la hauteur de ses immeubles. Pas une rue ne ressemble à la suivante, des gens de tout horizon semblent se côtoyer ici et notamment beaucoup d’étudiants. Le quartier latin et le port valent le détour. La vie reste assez chère ici en comparaison directe avec la Suisse.

Deux jours avant la compétition nous prenons le métro pour traverser la ville et se rendre à la salle d’armes de Montréal pour un petit entrainement. Toute une expédition de vadrouiller dans ces souterrains avec nos gros sacs à roulettes.

La compétition aura lieu dans un immense complexe sportif, presqu’un labyrinthe. Le 4 juin, le lendemain de la compétition par équipe nous nous envolons pour San Ruan à Puerto Rico, en passant par Newark, un des aéroports de New York. Les contrôles de sécurité n’en finissent plus, les scanners, les chiens, les fouilles et j’en passe… Drôle de paradoxe de voir toutes ses mesures de sécurité fleurir en parallèle à un discours de plus en plus bruyant en faveur de la libre circulation des personnes et des marchandises, du moins entre pays “développés” préciseront certains!

WC Puerto Rico

A la descente de l’avion, cette belle île nous annonce la couleur (ou plutôt la température) par une agréable gifle de chaleur et d’humidité. Bienvenue sous les tropiques. Particularité du lieu, l’aéroport est à 5 minutes de Carolina, petite bourgade très touristique où nous séjournerons, à l’Est de San Ruan.

Nous découvrirons depuis la plage quelques heures plus tard le va-et-vient des avions au dessus de nos têtes. L’endroit semble plus propice à la détente qu’à la performance sportive, mais nous restons sur place 10 jours, se qui nous permet d’envisager les deux dans les meilleures conditions. La plage est belle, assez vide, nous ne sommes visiblement pas encore en période touristique. De luxueux hôtels couvrent le bord de l’océan jusqu’à San Ruan. La vieille ville est charmante et très animée, particulièrement le mardi soir où tous les jeunes de San Ruan sont dans les rues. A Carolina, près de notre hôtel, c’est plutôt des touristes venant des Etats-Unis et d’Amérique centrale. L’ambiance de cette grande île me ravit.

La compétition a lieu dans une zone assez excentrée, et les taxis qui nous amènent vers cette deuxième rencontre internationale vont se perdre à de nombreuses reprises avant d’arriver à destination. La compétition aura lieu dans une petite salle de gym « rigolotte », avec pleins de petits puertoricains qui crient le nom de nos pays pour qu’on leur lance les bonbons que nous avons reçu à l’inscription (si si, je vous jure). Le soleil tapant laisse parfois brièvement place à une violente pluie tropicale, et du coup l’échauffement se poursuit à l’intérieur…

WC Bogota

Le mardi 12 juin nous nous envolons pour Bogota en passant par Panamacity. Le voyage parait assez long. Nous arrivons tard et les réservations à l’hôtel ont été mal faites. Nous avons une copie des réservations et nous faisons pression pour qu’ils nous donnent les chambres supposées non disponibles. 45 minutes après, nous avons enfin une chambre, vers minuit et demie. Le lendemain il nous est déconseillé d’aller en ville, il semble y avoir une grosse manifestation avec intervention musclée de la police, nous dit le gérant de l’hôtel.

Ce même Mercredi nous faisons un entrainement à la salle d’armes de Bogota. Première rencontre avec notre chère amie l’altitude, eh oui nous sommes à 2600m d’altitude et je comprends vite ce que ça veut dire de s’entrainer sans pouvoir respirer. Sensation particulière, probablement semblable à l’asthme à petite dose.
Le premier jour de compétition sera dur, dur. Le deuxième jour, il me semble m’être un peu acclimaté et le sentiment d’étouffer est moins dérangeant. Je signe un bon résultat ici avec une 26ème place en m’inclinant contre le N°1 mondial, le hongrois Gabor Bockco.

Une dernière soirée magnifique au coeur de Bogota, dans un restaurant convivial qui se transforme rapidement en dancing, les gens sont accueillants et curieux. Dimanche 17 juin nous nous envolons pour Genève, avec une brève escale à Paris. Voyage nocturne et silencieux, le service Air France est parfait, nous avons nos bagages à l’arrivée, voyage idéal, que demander de plus…

A bientôt dans un autre coin du monde, Bangkok, la prochaine aventure…

Valentin

24.10.2006

Bref bilan personnel de la saison 2006

Pour cette deuxième saison chez les seniors, mon objectif était d’abord d’aller chercher quelques résultats au niveau international, et ensuite d’intégrer l’équipe suisse plus concrètement par une sélection aux championnats d’Europe et du Monde senior. La saison a difficilement débuté par un problème de bagages restés à Francfort lors du Grand Prix au Koweit. Mais de meilleurs moments vinrent ensuite avec notamment une 13ème place à la Coupe du monde de Berne, puis une 28ème place lors de la Coupe du monde de Legnano en Italie. Dès Berne j’ai conservé ma place dans les 4 premiers au classement suisse, critère nécessaire pour les deux sélections visées. Malheureusement j’ai décidé pour des raisons familiales de ne pas prendre part au dernier tournoi sélectif à Puerto Rico. J’ai donc perdu ma place.

Il est évident que les championnats d’Europe auxquels je pris part suite au désistement de M.Fischer pour ses examens et les championnats du Monde qui me furent ouverts suite à la blessure de B.Steffen furent deux premières grandes expériences. Mais je constate qui je n’y étais pas bien préparé. Ni physiquement, ni mentalement, suite au drame qui frappa ma famille. Les résultats furent donc pour moi un peu décevants, mais compréhensibles.

Avec du recul, je pense que ces sélections sont tout de même synonyme d’une progression certaine et je tiens à passer encore à la vitesse supérieure pour la saison 2007. Ma préoccupation à court terme est de passer mes examens de Bachelor en février. Mais la période de sélection pour les JO de Pékin s’ouvre en Avril et la chance principale d’y prendre part réside pour nous dans la sélection de l’équipe suisse. Je veux donc à l’avenir investir au mieux cette équipe tout en renforçant mes performances au niveau individuel.

Valentin